Maëlle Dufour
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Les actes bouillonnent sous les strates
du sol (partie 2), 2016-2017
Trop tôt, trop tard, 2016
Frémis encore de mille vies, 2016
Kaboul, 2016
Lorsque l’enfant était enfant il a lancé
un bâton contre un arbre, comme
une lance,Et elle y vibre toujours.
2014

Elle bat au souffle de la terre, 2016-2017
Tenir le poids d'une présence, 2017
She tries to gather, 2017
C’est de la terre noire, rebut de la mine, prise d’un terril. Placée sur quatre pieds de table brut ressemblant à des membres fragiles, la table éprouve un monticule de terre lourde et présente. Un rapport physique et sensoriel se crée entre le spectateur et l'œuvre, tant par le toucher et l'odeur que par un rapport d'échelle entre lui et l’œuvre. Le début du monticule commence à la hauteur de la main d'une personne de taille standard afin de permettre plus facilement le rapport au toucher.

Cette terre sale et d'un noir profond presque brillant est un déchet de la mine qui paraît au premier abord sec, désertique et non fertile. Pourtant en se rapprochant, le spectateur se rend compte qu'elle est habitée par la chaleur, telle la présence du vivant, et dégage encore force et énergique qu'il peut percevoir par l'évaporation de l'eau et par le toucher. C'est un système qui développe une biodiversité particulière à l’intérieur de la terre noire. Par exemple, lors de l'exposition au Prix du Hainaut 2017 qui durait deux semaines, un champignon s'est formé sur le mont.

Les terrils sont incontestablement le témoignage tangible de l’énergie prodigieuse que des hommes ont employée pour les extraire des tréfonds. En effet, ces monticules hors normes sont des écosystèmes particuliers, fruit de la main de l’homme et donc très fragiles. Ils sont le lieu de surprises végétales et animales puisqu’ils constituent des biomes chauds. Toutefois, le refroidissement de leur sol avec la fin de l’autocombustion du charbon en leur sein les condamne fatalement à retourner à un relatif anonymat. C’est donc une tentative modeste de tenter d’enrayer l’oubli, force dont l’avancée paraît inexorable… Mais cet oubli, cet effacement, n’est-il pas aussi le signe d’une destruction créatrice ? Une œuvre photographique que j'ai prise en Islande évoque le développement de la vie qui jaillit d’un élément mort, d’un arbre qui pousse au milieu d’une tombe. Mais qu'est-ce qui est vraiment mort ? La matière ne serait-elle pas immortelle, en constante transformation ?

Entre absence et présence, d’une part, les matières attirent notre regard par le noir profond de la terre et par l’aspect mouillé, brillant et vivant. D’autre part elle nous repousse par l’aspect salissant et désertique. La table rappelle le quotidien des mineurs et les familles de culture occidentale. Le tissu figé enferme et/ou protège le monticule. Cette installation donne un hymne et une résonance au mémoire perdue ou au mémoire portée. "Tenir la présence des êtres aimés afin qu’ils ne disparaissent pas de nos mémoires."

Œuvre réalisée en collaboration avec Luc Delvaux, ingénieure et architecte, bureau d'études Delvaux sprl à Louvain-la-Neuve.

schiste noir venant d’un terril, planche de sapin, eau, tissus
et système de chauffage / 300 x 300 x 400 cm
PRIX DU HAINAUT 2017, Maison Folie, Mons (BE)
Tenir le poids d'une présence, 2017
Aucun droit moins qu'un chien, 2018
Sociétés dissoutes, 2018
Les mondes inversés, 2017
sans titre, 2016